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LE SAINT CORAN


De la façon de réciter le Coran

D’après Ibn ‘Abbas, l’Envoyé de Dieu paix et benection de Dieu sur lui a dit : « Djibril (Gabriel) me fit réciter le Coran sur un seul mode. Mais, comme je n’arrêtai pas de lui en demander plus, il m’apprit la récitation sur sept modes différents. »



     







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Coran

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Le Coran
Le Coran

Le Coran (arabe : القرآن ʾal qurʾān, lecture) est le livre le plus sacré dans la religion musulmane. C'est aussi le premier livre à avoir été écrit en arabe, langue qu'il a contribué à fixer. Le Coran regroupe les paroles divines qui, selon la tradition musulmane, ont été transmises au prophète Mohammed (محمد, Muhammad) fragmentairement par l'archange Gabriel par voie orale durant une période de vingt-trois ans. Il est parfois également appelé kitâb (livre) ou dhikr (rappel). Les musulmans le considèrent comme la parole incréée de Dieu (Allah) adressée à l'intention de toute l'Humanité : l'islam, de même que le christanisme, a une vocation universelle. « Le Coran est la parole de Dieu révélée à son prophète et transcrite sur les pages du Livre » écrit ainsi Ibn Khaldoun. Ainsi, selon la tradition léguée par Ibn Khaldoun, le livre du Coran est considéré comme étant la copie d'un livre divin, incréé, aussi appelé « livre caché » ou « mère du livre » (أَمّ الكِتَاب‏ [umm al-kitāb]). Les autres livres sacrés dans l'islam sont, par ordre chronologique, le Suhuf-i-Ibrahim (les Feuillets d'Abraham), la Tawrat (le Pentateuque ou la Torah), le Zabur (le Livre des Psaumes) et le Injil (les Évangiles ou le Nouveau Testament).

 

Description

Le Coran est divisé en cent quatorze chapitres appelés sourates, classées plus ou moins par ordre décroissant en fonction de leur longueur à l'exception de la première sourate appelée Al Fatiha (parfois traduite par « la liminaire » ou « le prologue » ou encore « l'ouverture »). Ces sourates sont elles-mêmes composées de versets nommés âyât (pluriel de l'arabe âyah, « preuve », « signe ».

 

Ordre des textes du Coran

page du Coran venant d'Andalousie
page du Coran venant d'Andalousie

La tradition rapporte que, du temps de Mohammed (محمد, Muhammad), les ayats étaient écrits sur plusieurs supports de fortune, tels que des feuilles de palmier, des os plats (omoplates de chameau), des peaux ou des pierres, et étaient appris par cœur par les croyants, en entier ou en partie. La mort de plusieurs de ces « mémoires vivantes » a amené par prudence à la compilation des sourates regroupant les révélations reçues par le prophète après le décès de celui-ci.

Séparation chronologique

On sépare traditionnellement le Coran en deux parties qui se démarquent par des différences de style et de thèmes abordés:

  • les sourates de La Mecque, antérieures à l'Hégire, généralement ce sont des sourates plus courtes, d’orientation liturgique;
  • et les sourates de Médine, postérieures à l'Hégire, plus longues et d’orientation plus politiques et juridictionnelles.

 

Sourates mecquoises

Les sourates de la première période, Mecquoises, affirment principalement l'idée de monothéisme et définissent ce qu'est Dieu pour le musulman. On y trouve entre autres, l'idée de la résurrection des morts au jour du jugement dernier, l'unité de Dieu.

Sourates médinoises

Les sourates médinoises sont plus « prescriptives ». Elles posent les bases fondamentales d'une société nouvelle, dans laquelle le respect est dû au prophète et à sa famille, où les louanges vont à ceux qui meurent dans la voie de Dieu, et où l'on fustige les hypocrites. Près de 500 versets regroupent les réglementations religieuses, civiles et pénales et serviront de base au droit musulman. D'autres sourates médinoises définissent également les devoirs et les croyances du musulman.

 

Divisions en vue d'une récitation

Manzil Juz' Début Manzil Juz' Début
Sourate verset Sourate verset
1 1 I 1 4 15 XVII 1
2 II 142 16 XVIII 75
3 II 253 17 XXI 1
4 III 92 18 XXIII 1
5 IV 24 19 XXV 21
6 IV 148 5 XXVII 26
2 V 1 20 XXVII 60
7 V 83 21 XXIX 45
8 VI 111 22 XXXIII 31
9 VII 88 6 XXXV 1
10 VIII 41 23 XXXVI 22
11 IX 94 24 XXXIX 32
3 11 X 1 25 XLI 47
12 XI 6 26 XLVI 2
13 XII 53 7 L 1
14 XV 2 27 LI 31
28 LVIII 1
29 LXVII 1
30 LXXVIII 2
  • En vue de sa récitation, le Coran fut divisé postérieurement en sept parties manzil (مَنْزِل [manzil], pl. مَنازِل [manāzil]) ce qui permet de le réciter en entier au cours d'une semaine, il est aussi divisé en trente parties juz (جُزْء [juz'], pl. أَجزاء [ajzā']) pour sa récitation en un mois. Un signe particulier marque le début de ces divisions ۞
  • Chaque juz est divisé en deux sections ou hizb (حِزْب [ḥizb], pl. أَحْزاب [aḥzāb])
  • Chaque hizb est divisé à son tour en quatre quarts (رُبْع [rub`], pl. أَرْباع [arbā`]).

 

La transcription du Coran

Premier Sourate du Coran
Premier Sourate du Coran

Selon la tradition musulmane, le Coran a été révélé au prophète Mohammed (محمد, Muhammad) par l'intermédiaire de l'archange Gabriel (arabe : جبريل [jibrīl]). Pour les musulmans, le Coran est un livre saint qui n'a pas subi d'altération après sa révélation, car Dieu a promis que ce livre durerait jusqu'à la fin des temps. En fait, la conservation et la transmission du texte tel qu'on le connaît aujourd'hui ont fait l'objet de l'attention des premiers califes.

 

Compilation du texte coranique sous Abû Bakr, le premier calife

Une première compilation du texte coranique se fait dans les deux ans qui suivent la mort de Mohammed (محمد, Muhammad), sous le premier calife Abû Bakr (632 - 634). Celui-ci, conseillé par `Umar qu'effraie la mort (à cause de batailles) de nombreux compagnons connaissant par cœur l'intégralité du texte, charge Zayd ibn Thâbit (qui avait été scribe du Prophète) de rassembler les divers supports écrits et de préparer une copie du texte coranique intégral.

Le texte est rédigé sur des feuillets (sahifa), qui sont confiés à la garde de Abû Bakr. Après la mort de ce dernier, le deuxième calife, Umar (634 - 644) les reçoit. Après sa mort, ils sont confiés à sa fille Hafsa, veuve du Prophète. (Tous ces éléments sont rapportés par Al-Bukhârî, n° 4 701. Voir également Fath ul-bârî tome 9 pp. 19 - 20, et Al-Itqân, pp. 184 - 185.). A la mort de `Uthman, le gouverneur de Médine, Marwân ben al-Hakam, demanda à Hafsa cette copie originelle du Coran. Celle-ci refusant de s'en dessaisir, il attendit sa mort pour la récupérer, et la fit détruire.

D'autre compilations ont été faites, notamment le corpus d'ibn Mas'ûd qui perdura trois siècles.Elles différaient en certains points du texte, ainsi que sur le nombre et l'ordre des sourates.

 

Universalisation des copies sous `Uthmân, troisième calife

Sous le califat de `Uthman, troisième calife (644 - 656), le territoire musulman s'est considérablement agrandi et de nouveaux problèmes surgissent : quatre types de divergences apparaissent à propos du texte du Coran. Le calife Uthman décide alors d'officialiser un type unique d'écriture du texte coranique et d'établir une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres. C'est à cette fin qu'il charge une commission de préparer plusieurs copies (mus'haf) du Coran. Et cela se passait en l'an 25 de l'hégire, soit quinze ans après la mort du Prophète. Ces copies préparées, `Uthman les fait envoyer en différents points importants du territoire musulman. Tous ces éléments sont rapportés par Al-Bukhârî, no 4 702. Les copies du Coran écrites de nos jours suivraient toujours mot pour mot et lettre pour lettre cette écriture des copies d'Uthman, écriture nommée « ar-rasm al-uthmanî ». Quelques-unes de ces copies existeraient encore aujourd'hui, l'une se trouverait à Istanbul (Turquie), l'autre à Tachkent (Ouzbékistan).

Après avoir envoyé ces copies dans chaque région, `Uthman fit détruire toutes les copies précédentes, dont celle d'Ali, gendre de Mohammed (محمد, Muhammad), celle d'Ubai b. Ka'b ainsi que celle d'Ibn Mas`ud. Bien que ce dernier ait refusé de détruire sa copie de son vivant, elle fut brûlée par la suite.

première page du Alcoranus Arabice longtemps introuvable, Venise, 1537

premi ère page du Alcoranus Arabice longtemps introuvable, Venise, 1537

 

Traduction du Coran

Coran en script Mohaqqaq traduit en Persan, XIIIe siècle, Musée national d'Iran.
Coran en script Mohaqqaq traduit en Persan, XIIIe siècle, Musée national d'Iran.